La cité-état de Singapour est une ville de gastronomie, et pour cause : sa population est constituée de Chinois, d’Indiens et de Malaisiens qui ont su conserver leur riche héritage culinaire, en le fusionnant parfois. Et les citoyens sont si gourmands ici, qu’on peut manger partout et tout le temps, en particulier dans les « hawker centre », d’immenses « food court » où se presse une foule de travailleurs. Cela laisse forcément une empreinte : et c’est pour cela que la série Espèce d’ordures nous a conduit ici avec l’équipe.

déjeuner à Singapour  un kaya toast
Un kaya toast

Dans notre mémoire, certains pays sont liés à des saveurs qu’on n’oublie jamais. Surtout lorsqu’on y est en tournage et qu’on vit sur un rythme fou, dormant quelques heures seulement. On prend alors des habitudes alimentaires rapides et commodes, repérant rapidement les snacks de coin de rue. Le smoothie d’açaï à Rio de Janeiro, la soupe de nouilles Udon à Tokyo, ou le capuccino du matin (et son croissant fourré au chocolat) de Venise, n’auront toutefois pas laissé en moi la même empreinte indélébile que le « kaya toast » de Singapour : deux rôties de pain blanc couvertes d’une épaisse tranche de beurre et d’une généreuse couche de confiture de noix de coco qu’on trempe dans des œufs mollets (le blanc demeurant légèrement translucide), le tout accompagné d’un café noir adouci par du lait condensé sucré. Un régal.

Voir l’épisode de la série Espèce d’ordures.

couple d'entrepreneurs à Singapour
Le couple d'entrepreneurs de Chop Value devant un mur fabriqué avec des baguettes recyclées.

Des baguettes et ustensiles au dépotoir

À Singapour, on utilise chaque année des centaines de millions de baguettes pour manger, mais aussi près d’1 milliard d’ustensiles en plastique. Nous commençons donc notre périple télévisuel en rencontrant un couple qui recycle les « chopsticks » de bambous et de bois : inversant le cycle de fabrication des baguettes, ils les désinfectent pour les compresser ensemble sous forme de tuiles qui serviront à fabriquer des meubles ou des objets divers. Quant aux ustensiles en plastique – une véritable plaie à cause des livraisons de repas dans cette société de « workaholics » - c’est une jeune entrepreneuse qui nous épate avec sa solution « foodie » et ingénieuse : elle cuisine des ustensiles, biscuits croquants en forme de cuillers et de fourchettes que l’on déguste avec le repas.

Un laboratoire d’idées

Si Singapour ne possède pas de ressources naturelles à cause de son territoire plus petit que la ville de Toronto, son or c’est le cerveau des gens qui s’y établissent. La cité est un véritable laboratoire d’idées qui invite les banques, les entrepreneurs et les universités à collaborer. C’est ainsi qu’au marché aux poissons du quartier chinois, nous faisons la rencontre d’un professeur réputé pour ses recherches sur la chitine, une substance qu’on trouve dans la carapace des crustacés. Et ici – on en revient toujours et encore à la nourriture – il se mange énormément de crevettes. Le professeur a donc expérimenté un processus de broyage et de fermentation des carapaces qui permet de transformer la chitine en feuille d’emballage! Un procédé qui pourrait remplacer le plastique d’ici peu.

Encourager les innovations

Recyclage des souliers de courses pour fabriquer les surfaces moelleuses des terrains de sport ou loi taxant les fabricants de produits électroniques pour financer leur recyclage, le gouvernement de Singapour subventionne ou encourage à tour de bras les innovations pour une raisons bien concrète : à la date décisive de 2035, l’île « poubelle » de Semakau qui sert de dépotoir à Singapour aura atteint son taux de saturation. Et la cité-état n’aura alors pas d’autre endroit où éliminer les restes gourmands ou autres déchets du mode de vie moderne et dépensier de ses citoyens.

 

Revoyez l’envers du décor des tournages dans les villes de Tokyo au Japon et Rio de Janeiro au Brésil.

En savoir plus sur la série Espèces d’ordures.

Voyez la bande-annonce de la série.

Crédit photo: Marie-Josée Lalande

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